Les lieux dans Bel-Ami

 

Les Lieux extérieurs

Le Paris Hausmannien

Les intérieurs

Les installations successives de Duroy

Les lieux extérieurs : l'Algérie, Cannes, la Normandie

L'Algérie

Relevé des passages :

I,2, p. 38-39 : "ce qui manque" ... "flamme dévorante du soleil"
I,3, p. 47 : "Alger est une" ... "il avait senti"
I,3, p. 54-55 : "L'Algérie est un grand pays" ... "à la compagnie Transatlantique"
I,3, p. 56 : "Puis elle continua" ... "au milieu des rocs"

Le passé a, dans Bel-Ami, une place très réduite. Les seules références qui y sont faites concernent les parents de Georges Duroy et l'Algérie. Celle-ci est présente à travers les allusions au passé militaire du héros, dès les premières pages du roman ; elle nous renseigne sur un aspect de son caractère, violent et cynique. Elle lui fournit aussi le seul sujet de conversation qu'il soit capable de tenir, lors du dîner chez les Forestier. Enfin, c'est le thème de son premier article, qui lui vaut son emploi à La Vie Française et par lequel commencent et sa carrière et sa relation avec Madeleine.

Cannes

Relevé des passages :

I,8, p. 164 : "La Villa Jolie" ... "au Golf Juan"

I,8, p. 165-166 : "En face d'eux" ... "C'est l'Estérel!"

I,8, p. 166 : "Le souffle qui entra" ... "eucalyptus"

I,8, p. 170 : "On passa tout d'abord" ... "sous la mer"

Cannes est décrite comme une ville calme et reposante, accompagnée d'une brise molle, douce et paisible. Lorsque Georges Duroy est accoudé à la fenêtre de la villa qu'occupent les Forestier, c'est tout un panorama qui se dessine sous les yeux du lecteur : forêt de sapins avec ses maisons blanches, la croisette en face des îles de Lérins, au loin une longue suite de montagnes bleuâtres et l'Estérel.

La description privilégie les impressions de couleur et de lumière. Elle fait appel à plusieurs sens : goût ("avec un goût puissant de résine et l'âcre saveur des eucalyptus"), olfactif ("une brise de printemps nourrie déjà par les parfums des arbustes et des fleurs capiteuses"), toucher ("comme une caresse") ou, encore, vue ("on apercevait"). La sensation l'emporte donc sur la réalité objective. La méthode rappelle les techniques picturales des Impressionnistes.

Mais la description entre aussi en relation avec le contexte : Georges Duroy est venu à Cannes assister à l'agonie de son ami Forestier ; l'espace se charge donc d'images morbides comme celle de "La glace de la cheminée" qui "avait l'air d'une flaque de sang". Ou encore : "L'espace derrière les cimes sombres était rouge, d'un rouge sanglant". Les sensations olfactives ne sont pas toujours agréables ; elles sont aussi en rapport avec la maladie : "on sentait dans cette chambre, la fièvre, la tisane, l'éther, le goudron, cette odeur innommable et lourde des appartements où respire un poitrinaire". Pèse alors sur l'âme de Duroy "une terreur confuse, immense, écrasante".

La Normandie

C'est le lieu des origines de Duroy. Il occupe une partie du premier chapitre de la seconde partie du roman, lorsqu'au soir de leur mariage, Georges et sa femme partent rendre visite aux parents du marié, que Madeleine veut connaître.

Là encore, dans la description dominent des sensations : Georges ressaisi par des odeurs de sol ; "le grand souffle de résine et d'arbres venu de la forêt voisine" ; les senteurs du logis, du ruisseau, du fumier. Senteurs de la nature, forêt de sapins ; Seine ; navire montant.

La description de Rouen rappelle Madame Bovary et Flaubert. De multiples adjectifs et la précision des notations témoignent d'une intention réaliste de la part de l'auteur. Cependant, ils ont aussi une fonction esthétique.

Comme à Cannes, on a une vue panoramique grâce à la vision en surplomb. Et, pour compléter le rapprochement, on notera l'angoisse de Madeleine à Canteleu : "Une angoisse confuse lui serra le coeur. Il lui semblait qu'elle était perdue, noyée, entourée de périls". Page 209, elle avoue à son mari : "J'ai un peu peur. Je voudrais retourner".

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